He who seeks freedom and fortune course the endless seas.
Dans un monde en ébullition, dirigé par l’avidité des nobles et secoué par les plus audacieux, quel sera votre rôle ? Milles trésors et mystères hantent ces mers, serez-vous capable d'en tirer l'avantage ? Prenez le large et voguez vers ces horizons inconnus !
Le règlementL'histoirePrésentationGestion des personnagesLes prédéfinisPartenariat
A savoir
# Ouverture du forum le 18/07/17
# 16/08/17: accueillons notre nouveau maitre du jeu.
# 20/09/17: Quête - Exhibition à la Française.
# 29/10/17: Jeu, la petite chasse au trésor.
# 06/05/18: Jeu, bataille navale, Niveau I.
Contexte
1717,Une odeur de poudre flâne sur les vagues. Quelques débris flottent, balancés par la houle indifférente aux massacres. Au loin des coups de canon, des cris et le frémissement métallique des épées résonnent :Les peuples du bassin Ouest-Atlantique se battent farouchement pour dominer les mers et imposer leurs lois, tandis que des pirates pillent sans scrupules le moindre navire susceptible de leur rapporter de quoi vivre. Avides de liberté, ambitieux ou désespérés, ces derniers poussent les limites du connu, bravant les dangers les plus sombres et chassant les trésors perdus...
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Evénements
Exhibition à la Française
Les prémices de grands débordements. Acte Premier - Introduction
Le vent battait sauvagement les voiles en ce chaud début d’Avril. La ville de Nantes était en effervescence depuis plusieurs jours, l’on avait rarement vu autant de traducteurs dans cette belle ville portuaire française. Il se murmurait que le roi de France et la reine d’Angleterre elle-même s’étaient intéressés à l’événement. Et quel événement ! L’inauguration d’un navire unique en son genre.L’Aphrodite entrait dans les eaux froides de l’océan Atlantique et pour l’occasion son propriétaire organisait un immense banquet ou tout le monde était invité à condition d'avoir un nom important. Pour les nobles cela n’était aucunement un problème, pour les jeunes bourgeois, travailleurs aisés ou petits seigneurs, c’était une autre histoire. Certains civils s’étaient vu offertl’accès au bal pour leurs divers compétences, ils étaient dispensé du droit d’entré en échange de servir contre rémunération. Il n’y avait nul doute qu’il y aurait quelques invités indésirables, pour ces derniers, corsaires, marines et mercenaires s’affichaient fièrement sur le port de Nantes et l’Aphrodite.
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Pirates and Freedom
Un combat pour la liberté

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Sur les traces du Fossoyeur

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Taverne de la mouette cendrée, Port-Royal, automne 1717




Il était aux environs de quinze heures lorsque la gamine frappa à ma porte trois coups timides. Je soupirai et quittai le balcon depuis lequel j’observais avec attention l’agitation de la ville. Port-Royal avait tant de choses à nous apprendre. Depuis cette fenêtre, je distinguais les mâts des navires entrant dans le port. Une vue sur leurs voiles, sur leur pavillon, sur leurs secrets. Et leur argent finissait toujours dans les coffres de la Mouette Cendrée. Cette taverne que j’avais rachetée florissait depuis que j’en étais devenue l’honnête propriétaire. Une fois de plus, les bonnes personnes étaient venues me trouver au bon moment et j’en avais tiré le meilleur profit possible. Après avoir replacé quelques mèches de ces cheveux bouclés qui s’échappaient du bandeau avec lequel je les avais noués, je me dirigeai vers la porte et l’entrouvris. La gamine se hissa sur la pointe des pieds et murmura quelques mots à mon oreille. Je caressai tendrement sa joue crasseuse et la remerciai d’un ton presque maternel :

« Va, mon enfant. Descends demander ta pièce à Molly et prends quelque chose à manger, tu l’as bien mérité. »


Je la regardai redescendre à la hâte, le ventre certainement crispé par la faim, et se diriger vers les cuisines. Je m’avançai vers la balustrade intérieure qui donnait sur la pièce centrale de la taverne. Des tables rondes cernées de chaises étaient réparties dans toute la pièce. Certaines grandes tablées rectangulaires remplissaient les coins assombris de l’auberge, où se réunissaient la plupart du temps les pirates les plus malfamés. Le comptoir, sur la droite, face à la double porte d’entrée, était vide en cette heure peu tardive. Dès que la nuit serait tombée, des saoulards viendraient crier leur soif au tavernier et tituberaient jusqu’à leur verre d’une démarche chaloupée causée par l’alcool ou la houle. J’épousai du regard la Mouette Cendrée accrochée au mur, au-dessus du comptoir. Cette vieille mouette presque déplumée qui ne valait pas un sou avait fait la renommée de l’ancien propriétaire de cette taverne. Bien fou qu’il était de ne se reposer que sur une légende !

Je descendis les escaliers et me rendis auprès du tavernier qui me servit un verre de rhum. A Port-Royal, la nuit tombait tôt, aux alentours de dix-neuf heures. J’avais donc quatre heures à tuer en attendant que les choses deviennent intéressantes. La soirée s’annonçait particulièrement riche en travail. La gamine qui était passée venait chaque jour me rapporter l’activité d’un navire pirate que l’on nomme par ici Le Fossoyeur. Son capitaine, Léopold Vignage, est particulièrement connu parce qu’il ne laisse derrière lui aucun survivant. Tous sont décimés et jetés à la mer. Comment se fait sa réputation ? Il accroche au mât chacun des pavillons des bâtiments pris qu’il a pris soin de tremper dans le sang du capitaine adverse. Voilà ce que l’on raconte sur Le Fossoyeur et son capitaine impartial. Et ce soir, la gamine m’apportait les dernières nouvelles croustillantes. Depuis quelques mois, un galion espagnol aurait pris en chasse Le Fossoyeur. Et ce navire naviguait dans les eaux non loin de Port-Royal en ce moment-même. Vignage avait fait escale à Port-Royal la semaine dernière et ses hommes étaient venus boire mon rhum et livrer leurs secrets. Il n’était pas difficile de deviner que les Espagnols étaient sur la piste du navire pirate. Restait à savoir s’ils auraient la témérité de mettre pied à terre et venir dans ma taverne chercher les informations que j’avais en ma possession, ou bien s’ils suivaient déjà un chemin bien défini. La gamine sortit des cuisines en courant. Je l’attrapai par le bras promptement et lui murmurai à l’oreille d’une voix autoritaire mais suave :

« Surveille l’Espagnol. Viens me dire s’ils envoient quelqu’un. Tu seras payée double, ma grande. »

Après avoir acquiescé, la gamine crasseuse s’enfuit dans la rue. Il faudrait bien s’occuper jusqu’à l’heure fatidique. J’achevai mon verre de rhum et sortis un paquet de cartes de tarot. Voyons si le sort nous était favorable en cette journée d’automne.
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La mer était calme quand l'Isabella jeta l'ancre. Dans la cabine du capitaine, l'espagnol Amador de la Cruz, fidèle corsaire de l'Espagne, s'était penché sur la table qui occupait une place centrale dans l'espace. Une carte un peu élimée par l'usage fréquent glissait sous ses doigts. Autour de lui, deux hommes dont les traits marqués affichaient une certaine gravité l'écoutaient consciencieusement :

- Le Fossoyeur aurait fait escale à Port-Royal, une semaine tout au plus. Depuis, nous l'avons perdu de vue. Il se sait traquer, mais continue d'échapper vers l’inéluctable. Son capitaine a trop d'orgueil, il doit préparer quelque chose... Je dois en savoir davantage.

Il tapota distraitement la carte.

- Port-Royal a été arraché à la couronne britannique par cette espèce abjecte que nous pourchassons. Vous ne pourrez embarquer.

Sa raison lui disait non, mais son cœur le trahissait. Le Fossoyeur avait fait le couler le sang des siens et pour cela, il ne pouvait accepter de le voir plus longtemps parcourir les mers. Des escales qu'il avait fait, la rumeur persistait que León Rojo, navire de son oncle, était tombé entre ses mains et que ce qui avait pu subsister fut incendié. La tête alourdie par les amères pensées, il déglutit en repensant au capitaine et à l'équipage qu'il avait côtoyé lorsqu'il était plus jeune. La rancœur qui le poussait au silence n'échappa à l'un d'entre-eux :

- Ne laissez par la colère entravée vos sentiments.


Amador ne répondit pas. Il avait longuement évalué les risques qu'il encourait, trop pour tant d'incertitudes, mais il ne pouvait s'avouer vaincu pour autant.

- Je prendrais le brick pour approcher des côtes. Alfonso et Cìbran m'accompagneront. Je reviendrais à l'aube.

Sa décision était désormais prise.

***

Le petit bateau glissa dans le port pour se ranger parmi d'autres. Une fois amarré et avoir payé sa place, le capitaine qui s'était dépouillé de son identité pour celle d'un contrebandier sans prétention, s'éloigna aussitôt pour des prétendues affaires. De vieux habits qu'il avait pour mauvaise habitude de garder rendaient son apparence convaincante. Il s'était séparé de son sabre pour un poignard et pistolet sans fioriture. Un chapeau de cuir un peu troué trouva refuge sur sa chevelure brune qu'il avait exceptionnellement noué. Il ignorait si son subterfuge suffirait à convaincre, mais il put parvenir à une taverne sans qu'on ne trouva à redire quoique ce soit à son sujet. Il croisa peu avant une gamine qui planta ses yeux sombres dans les siens, puis qui s'était enfuie tel un petit rat quittant le navire. Ce comportement suspect n'avait pas échappé à l'homme qui accordait une importance à chaque détail qui pouvait faire la différence. Sa main avait frôlé son poignard dans un excès de suspicions.

Le capitaine dut reconnaître qu'il n'était pas à l'aise et, sans doute son honnêteté qui le qualifiait si fièrement, ternissait son jeu d'acteur. D'une démarche nonchalante il s'approcha du comptoir, imitant ceux qui le précédaient. Il y avait fort à parier qu'il apprendrait quelque chose au sujet du Fossoyeur ici, l'alcool faisait souvent cracher plus qu'il ne devrait et ce genre d'endroit ne faisait pas la sourde oreille à un marin d'un équipage connu. Après avoir balayé la salle d'un regard attentif, Amador commanda ce qui semblait le moins imbuvable. Il sentit sa gorge brûlée après une première gorgée de rhum ingurgitée. Une seconde détendit ses muscles crispaient par la faim, celle qui réclamait vengeance au lieu de justice. La dernière qui recouvrait à peine le fond de son verre, il la garda comme une promesse qu'il s'était faite...


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L’heure tant attendue avait sonné à la grande horloge de Port-Royal. D’ici, on ne pourrait pas l’entendre, étant donné les bruyants clients de la Mouette Cendrée. Je vis la gamine franchir la porte de l’établissement, les joues rougies par la nuit tombante et le fait d’avoir couru. Ainsi, les Espagnols avaient osé venir jusqu’à nous. Je lui fis discrètement signe de se diriger vers les cuisines où je la rejoignis quelques minutes plus tard. Elle me raconta que trois hommes étaient descendus d’un plus petit bateau au port. Elle ne l’avait pas suivi parce qu’elle voulait m’avertir aussitôt, comme convenu. Je la gratifiai de l’un de mes plus charmants sourires et l’assis à la table. Devant elle, je disposai un grand bol d’une sorte de gruau que l’on pouvait servir à bord aux pirates. Certains marins n’aiment pas changer leurs habitudes en venant se sustenter ici. Le client est roi, pourvu qu’il serve mes avantages ! J’avais donc investi dans cette substance peu ragoûtante et la donnait à mes petits informateurs affamés lorsqu’ils avaient bien travaillé. La gamine avait fait ce que j’attendais d’elle. J’ajoutai du pain et quelques fruits à son dîner.


« Mange. Et décris-moi cet homme qui t’a vue. »


La gamine me décrivit l’aspect de l’homme qu’elle avait vu. Je l’écoutai attentivement, gravant dans ma mémoire chaque élément de sa description. C’était essentiel pour faire mon entrée auprès de l’homme. De vieux vêtements sombres, un pistolet, un couteau et un chapeau. Etonnant que des Espagnols envoient ce qui semblait être un prisonnier pour récolter des informations. Cet homme devait être surveillé par les deux autres. Ceux-là avaient reçu l’ordre de le tuer sur place s’il tentait quoi que ce soit. Il faudrait donc être suffisamment discrète et maligne pour en apprendre plus que d’en dévoiler. Lorsque la gamine eut terminé, je la fis sortir discrètement, évitant soigneusement les pirates bourrus et alcoolisés. Alors qu’elle allait passer la porte, sa petite main s’accrocha à ma robe. Du doigt, elle désigna un homme au chapeau troué se trouvant au comptoir.

« Lui, me dit-elle. »


Je la remerciai et la fis sortir rapidement. Du plat de la main, je replaçai les plis de ma robe et repoussai quelques mèches de cheveux d’un geste fin. J’inspirai et me frayai souplement un chemin à travers les clients éméchés de la taverne. Les clients occupaient déjà les tables disposées, une chope ou une bouteille de rhum à la main. J'aimais cette agitation. Je m'y sentais chez moi, comme un poisson dans l'eau. M’appuyant de mes deux coudes au comptoir, je m’installai face à l’homme qui avait tout d’un contrebandier. D’une voix chaude et délicate, plantant mes yeux dans les siens, je m’adressai à lui :


« Alors, bel oiseau, quel vent t’a poussé jusqu’ici ? C’est la première fois que je te vois à la Mouette Cendrée. Serais-tu à la recherche d’un endroit où déposer un peu de ce poids qui embarrasse ta cale ? »


Pour le faire parler, j’allais jouer la carte de la receleuse. Je prendrai ses marchandises, ses secrets, et contre un peu d’argent, j’en tirerai un profit encore plus grand. La Néphile dorée avait commencé à tisser sa toile.

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Alors qu'il terminait de s'abreuver de ce liquide qui lui brûlait l'esprit, il sentit un courant d'air froid balayer ses pensées. Guidé par l'instinct, le même qu'il trouvait lorsque la mer furieuse tentait de l'avaler, le corsaire se tourna pour planter ses yeux d'un bleu aiguisé dans ceux de l'arrivant qui avait poussé la porte de la taverne. Il lui fallut une fraction de seconde pour reconnaître l'un de ses hommes et s'assurer qu'il avait fait de même avant de regarder devant lui : une jeune femme avait tiré profit de son attention détournée pour l'aborder.

Amador reposa son verre sur le comptoir, profitant de son geste pour la regarder. Brune, plantureuse et apprêtée, elle inspirait la chaleur des caraïbes, mais également la part éprouvante de l'inconnu. Malgré le sourire qui se prêta sur ses lèvres, l'homme était méfiant. La curiosité des femmes le rendait la plupart du temps mal à l'aise. Il était conscient qu'elles pouvaient se montrer plus intelligentes que les hommes, surtout dans un tel milieu qui nécessitait de redoubler d'effort pour survivre... D'autant plus que celle-ci avait percé son personnage sans qu'il n'eut à dire quoique ce soit. L'inquiétude mêlée à la réflexion, rompit son conditionnement et il se mit à tapoter de sa main libre la surface collante du comptoir, tandis que l'autre enserrait son verre vide. Il devait se montrer rusé s'il voulait repartir d'ici avec des informations sur le Fossoyeur.

Voyant qu'il commençait à tarder, l'espagnol demanda un autre verre, avant de lui répondre dans un anglais fluide mais alourdi par un accent espagnol trop prononcé :

-  Peut-être bien... Tu sembles bien informée... Imaginons un instant que c'est le cas, saurais-tu me répondre ?

Un peu plus loin à quelques pas de lui, Alfonso, l'homme qui avait croisé son regard en entrant, s'était installé légèrement à l'écart. C'était un type de grande taille à la carrure intimidante, à la peau couleur bronze et à la chevelure noire ondulante. Ses yeux fixèrent dans un premier temps le capitaine et son interlocutrice, avant de glisser discrètement sur une table voisine dont la conversation faisait croître un sentiment impétueux parmi les vauriens imbibés par l'alcool : il était question d'un galion abordant la pavillon espagnol et rôdant dans les parages...


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Le type reposa son verre sur le comptoir. J'avais capté son attention et je vis dans son regard que l'alcool n'avait pas encore rompu toutes les barrières de son esprit. Le sourire qu'il afficha me rassura. Au moins cet homme-là n'avait pas peur de regarder une femme dans les yeux. Sa main tapotant le comptoir me fit penser que mon intrusion si près de lui avait pu le mettre mal à l'aise. Je songeai que j'avais certainement affaire à un homme déterminé ou très obéissant. Soit il était l'initiateur de cette mission de recherche du Fossoyeur, soit il en était l'exécutant résolu. Dans tous les cas, il serait complexe d'en apprendre davantage sur lui. Les hommes qui sont convaincus du bien-fondé de leurs actions sont rarement les plus simples à appréhender. Cela confirmait tout de même ma théorie concernant ce contrebandier. S'il défendait sa vie lors de cette virée à terre, il ne parlerait pas beaucoup pour autant.

L'homme finit par me répondre, après un silence un peu trop long. Il commanda un autre verre et je fis signe à mon employé d'en préparer un deuxième pour moi. Je devais lui offrir plus que ce que sa condition de prisonnier des Espagnols pouvait lui apporter. Je saisis le verre de rhum que l'employé avait déposé près de ma main et j'en bus une gorgée, laissant distraitement l'alcool descendre le long de ma gorge et réchauffer l'intérieur de mon corps. Je balayais d'un regard égaré la salle qui s'activait. L'homme au chapeau troué avait un fort accent hispanique qui couvrait un anglais assez maîtrisé à mon goût. Je ne fis pas paraître mon étonnement devant lui, tentant de garder un masque chaleureux et attirant.


« Peut-être bien... »


Des bribes d'une conversation agitée concernant un galion espagnol parvinrent jusqu'à moi dans des vapeurs d'alccol. Je fronçai les sourcils brièvement, avant de reprendre une attitude parfaitement maîtrisée et un visage chaleureux, que j'arborai devant mon interlocuteur, plantant mes yeux sombres dans les siens.


« On peut dire que tu arrives à point nommé, bel oiseau ! Tout le monde ne parle que du galion espagnol qui arpente nos eaux. C'est une attitude bien étrange venant des Espagnols. Ce sont des hommes surprenants. »


J'achevai mon verre d'une traite, avant de me redresser et, me penchant à son oreille, de lui murmurer :


« Suis-moi, et je saurai te répondre. Reste à savoir s'il te plaira d'entende ma réponse. »
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Le deuxième verre dans la main, il ne prit pas la peine de le porter à ses lèvres. Son attention était entièrement portée sur la curieuse jeune femme, qui semblait en connaître davantage qu'il ne l'aurait deviné. Cette rencontre était-elle un signe du destin ? Amador n'était pas de ces marins superstitieux, il n'était pas même croyant bien qu'il fut baptisé à l'âge où il était encore au berceau. Ses croyances il les fondait dans l'homme, pas dans une de ses figures obscures qu'on magnifiait. Pourtant, parfois le capitaine se surprenait à évoquer le destin, les enchaînements des événements étant trop parfaits. Prenant son verre à la propreté douteuse sur le comptoir, il regarda la lumière jouer dans l'ambre liquide avant de répondre à sa remarque au sujet des espagnols :

- Il faudrait être fou... Ou courageux pour arpenter des eaux infestées de requins... Que crois-tu qu'ils cherchent ?

Le corsaire posa cette question sans la regarder. Il ne s'attendait pas à une réponse de sa part, mais plutôt de lui-même, du fond de son être... Se considérait-il comme un fou à ce moment-ci ? Pourtant, Amador était dépeint comme un homme raisonnable et patient. Alors pourquoi un tel changement, une telle volonté d'en finir avec le Fossoyeur ? Tous les hommes qui se trouvaient autour de lui pouvaient aisément lui trancher la gorge. Malgré ses talents, le capitaine était conscient qu'il ne pourrait s'extraire de cette île si son identité était dévoilée. Mais en même temps quel fou irait croire qu'un homme de la marine espagnole était suffisant idiot pour nager dans une fosse remplie de requins ?

Légèrement troublé, Amador se tourna lorsque l'un des pirates d'une table proche s'était soudainement levé, armes au poing, pour gueuler qu'il ferait la peau aux espagnols qui osaient les narguer. Sa hargne alimenta un flot de ricanements vaseux et imbibés d'alcool. Le railleur ne semblait pas être pris au sérieux et pourtant, une lueur sanguinaire persistait dans ses yeux. Ses camarades le bousculèrent pour l'inciter à se rasseoir, mais certains acquiescèrent à son envie de meurtre. Les bougres finirent par se calmer, après que le fauteur de trouble dégurgita une immondice liquide sur la table.

Le capitaine de la Cruz ria à cette scène, pour mieux se conforter dans son rôle de hors-la-loi avant de regarder son interlocutrice. Celle-ci prit son verre et le vida d'un traite avant de l'inviter à la suivre. Amador redoutait un piège, elle était peut-être de mèche avec Léopold Vignage, elle se doutait peut-être de son appartenance... Pourtant il se leva en silence pour la suivre, alertant au passage Alfonso, qui les regardait du coin de l'oeil depuis tout à l'heure. Le capitaine était convaincu qu'il ne se laisserait pas faire et qu'il ne partirait pas les mains vides.


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J'entendis le bruit familier du verre que l'on repose sur le comptoir. Le grincement de la chaise couvert par le brouhaha général. Il me suivait. Parfait. Le moucheron avait été pris au piège dans la toile de la Néphile Dorée qui l'attirait désormais à elle pour le démembrer et obtenir de quoi se nourrir. Evidemment, je ne comptais pas user de torture pour obtenir toutes les informations que je désirais avoir. J'avais de bien meilleures manières de faire parler les beaux oiseaux comme lui. Tenant d'une main ma robe afin de ne pas marcher dessus ou la faire tremper dans le rhum écoulé au sol mélangé aux régurgitations des marins un peu trop ivres. Je marchais lentement, me faisant une place au milieu des saoulards. Je gravis ainsi une à une les marches de l'escalier de bois sombre, laissant ma main glisser sur la rampe d'un geste noble que j'avais copié de la femme du gouverneur pour qui j'avais travaillé comme servante, pour enfin atteindre mon bureau à l'étage.

D'une main, j'invitai l'homme au chapeau troué à pénétrer dans la sombre pièce. J'allumai une lampe à huile sur le bureau principal et une bougie dans un recoin de la pièce. Puis je retournai près de la porte à double battant que je refermai de mes deux mains. Retournant près du bureau et du fauteuil de bois sombre couvert d'une étoffe colorée dans lequel je m'assis, je proposai à mon potentiel collaborateur de s'asseoir. Je me penchai en avant pour le regarder dans les yeux et capter son attention. Il avait ainsi à loisir une vue sur mon décolté plongeant donnant sur ma poitrine que je savais un bon argument, bien que je doute que l'homme soit du genre à se laisser prendre au jeu. Il n'avait déjà pas fait beaucoup attention à mes charmes lors de mon arrivée près de lui. Je verrai par la suite à quelle sauce ce petit insecte allait se faire dévorer. Parfois, comme avec ce genre de personnage, je ne savais s'il fallait d'abord parler affaire ou commencer par satisfaire des besoins plus... primaires.

D'une voix presque basse, à l'accent légèrement teinté par la chaleur des îles, je lui dis :

" Nous voilà plus au calme, n'est-ce pas ? Comme tu l'as dis, ces téméraires Espagnols naviguent en eaux troubles. Il leur faudra un port d'attache solide s'ils ne veulent pas se faire dévorer par les requins. "


Allait-il comprendre où je voulais en venir ? Percevait-il que mes petits rats des rues avaient déjà flairé la magouille ? Je décidai de tarder encore un peu pour préserver l'adrénaline dégagée par le mystère qui auréolait notre conversation.

" Je veux te proposer un contrat. Je pense que nous avons des intérêts communs à trouver dans cette affaire. Peux-tu me redonner ton nom et celui de ton navire ? Le rhum me les a déjà fait oublier ! "

J'émis un léger rire presque d'idiote. Je savais très bien que mon interlocuteur n'avait donné ni son nom, ni celui de son navire. Je me laissai retomber doucement contre le dossier de mon fauteuil, attendant de voir sur quel tableau allait jouer le menteur. Celui-ci pouvait bénéficier de l'une des deux chaises de bois, assez confortables, que je laissais toujours à disposition de mes associés ou contributeurs. Qui était-il vraiment ? Parviendrais-je à le soudoyer ?


Il n'est de secret qui me soit méconnu.
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Les vapeurs suaves d'alcool lui montèrent brusquement à la tête alors qu'il suivait la jeune femme. Bousculé par ce trop plein d'ivresse soudain, l'espagnol s'agrippa d'un geste lourd à la rambarde pour préserver son équilibre. Ses yeux clairs sombrèrent dans les pans de la robe qui ondulaient devant lui où des reflets chatoyants dansaient. Puis son regard perçut ses manières contrôlées, trop belles pour être naturelles... Un certain amusement lui chatouilla même l'esprit. Devait-il jouer la comédie jusqu'au bout ? Se laisser charmer pour mieux la prendre à son jeu ? Amador se souvenait de ces temps où il n'était qu'un jouvenceau, rougissant du moindre regard des demoiselles, rongé par une timidité et pourtant fiévreux de connaître la passion. Cette dernière, il finit par la connaître, mais aujourd'hui désabusé de sa fragilité, il en avait oublié les joies et se contentait d’un regard, pudique, voilant ses fantasmes inavoués…

Avançant dans une tempête imaginaire qu’il avait érigé pour reprendre son sang-froid, le capitaine de la Isabella se hissa péniblement derrière la jeune femme qui lui permit d’entrer dans une pièce dénuée de chaleur. L’homme s’éxécuta, attentif au déroulé de la scène, avant de s’installer devant la maîtresse des lieux. Il prit une posture légèrement avachie pour affirmer son jeu et releva légèrement son chapeau du bout de de son pouce droit. La demoiselle savait jouer de sa superbe en lui offrant une vue généreuse sur son décolleté lorsqu’elle se pencha pour distiller sa voix. Les commissures de ses lèvres se retroussèrent légèrement face à cette offensive qui ne lui fit pas plus d’effet. Cependant à l’évocation des espagnols, l’homme étouffa son malaise pour ne pas se trahir. Celle-ci semblait moins dupe qu’il ne l’aurait cru et de cette subtilité, le corsaire comprit qu’il devait en dévoiler davantage.

- Nous avons sans doute des intérêts en communs. Il se redressa pour sombrer son regard dans le sien. Ne nous attardons pas plus longtemps. Certaines personnes veulent des informations et elles sont prêtes à payer cher. On m’a envoyé ici pour les obtenir. Tu te doutes bien que je veux ma part dans cette affaire. Je peux te proposer une partie du magot, seulement il me faut de quoi les satisfaire vois-tu, car c'est une belle opportunité. Alors est-ce que cela t'intéresse ?


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Evidemment, mon interlocuteur ne fut pas berné par mon air idiote. Il devait préférer la femme qui mène son commerce. Son regard alcoolisé avait réussi à me tromper, mais je ne me laisserais plus prendre à son jeu. L'homme pouvait donc être un danger à mes yeux. Je le voyais tout autrement désormais. Il avait saisi la gravité de notre entrevue et je me devais d'être à la hauteur de ses attentes. Ce contrebandier à l'accent hispanique avait une idée en tête et semblait vouloir s'y tenir. Plongeant son regard dans le mien, deux yeux bien sombres par la faible lueur des bougies et lampes à huile, il alla droit au but.

Comme je le supposais, mon interlocuteur n'était pas venu me trouver pour receler la cargaison de son navire et la revendre. L'homme au chapeau troué voulait des informations pour le compte de quelqu'un d'autre. Un puissant sans doute. Ayant visiblement compris mon fonctionnement, il me proposa de faire partie de ceux qui verraient la couleur du magot. Je hochai la tête à mesure qu'il évoquait la situation. Dans un coin de mon esprit, je résumais ma propre situation et il me semblait que j'étais en piètre avantage. Je détenais certes des informations, toutefois je ne savais pas à qui j'allais les vendre. Et c'était pour moi un détail capital. Un air des plus sérieux sur le visage, je lui répondis :

" C'est une opportunité qui ne se refuse pas, l'ami, c'est vrai. Aussi vrai que je dois savoir qui ose envoyer un hispanique à Port-Royal. Ton accent t'a trahi, j'en suis navrée. "

Je lui accordai un sourire chaleureux, mais conservai un regard suspicieux. Il n'essaierait pas de me tromper deux fois, du moins je l'espérais. J'imaginai alors tous les scénarii possibles. L'homme est un pirate et ils poursuivent le Fossoyeur pour une affaire de vengeance. L'homme est un corsaire, et dans ce cas, son espérance de vie à Port-Royal est plus que restreinte. La vengeance a rarement rapporté de l'or à ceux qui l'ont servie. Le roi, en revanche, pourrait se révéler un généreux donateur. Dans les deux cas, je pouvais trouver un rôle à jouer et toucher ma part.

" Donne-moi une unique raison de te faire confiance et je te dirai tout ce que tu veux savoir. L'argent ne m'intéresse que si je peux être sûre de garder la tête sur les épaules... littéralement. "


Il n'est de secret qui me soit méconnu.


Dernière édition par Neela Whitecoat le Mar 2 Jan - 21:48, édité 1 fois
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Amador se redressa l'air grave. La demoiselle tirait hâtivement des conclusions et il en fut presque surpris. Cela confirmait ce qu'elle pensait de lui. Il pouvait peut-être en tirer un avantage pour renverser la situation.

- Allons, allons, je ne suis pas le seul espagnol sur l'île et je ne cache pas mon accent, loin de là... La canaille peut aborder n'importe quel visage, n'importe quel origine, n'importe quel éducation même... J'en ai vu des marins, autrefois saillants dans leur uniforme, tourner le dos à leur pays pour de tristes raisons.

Le ton était suffisamment doux pour qu'il ne soit pas réprimant, ni moralisateur. Ce n'était nul là son but, seulement de sécuriser sa délicate position. Étrangement le malaise qu'il éprouva plutôt dans son rôle gauche de contrebandier s'estompait et il devait reconnaître qu'il commençait lui-même à croire à son histoire rocambolesque.

Néanmoins, tout n'était pas gagné, la belle se méfiait. Il est vrai que sa présence à un moment opportun pouvait le rendre suspect, mais sur une île où l'autorité n'était plus où on venait et on partait, parfois les mains couvertes d'un sang qui n'était pas sien, son comportement était aussi douteux que celui d'un autre. L'homme se massa la mâchoire lentement. Le poil rêche de sa barbe frottait contre sa main calleuse. Il ne pouvait lui garantir la vie, car hors des sentiers, elle était livrée à elle-même quoi qu'il en adviendrait...

- Tu demandes trop à un inconnu. Il hocha la tête quelque peu attristé. Tu sais bien que c'est un risque à prendre. Tout à prix. Cependant, je saurais être discret. C'est la première fois et la dernière fois que nous nous rencontrons. Je sèmerais les graines du doutes avant mon départ et si tout se passe comme prévu, un homme viendra avec ce que tu as mérité... En attendant, je peux te verser une avance en guise de bonne foi.  

Il réprima un sourire confiant ne voulant pas faire croire que tout était gagné d'avance et croisa les bras dans l'attente d'une réponse.


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Face à mes soupçons, l’espagnol se redressa et s’affirma, à la fois par ses paroles et par sa posture. Son ton était doux, mais son visage arborait un air grave. Cette soudaine assurance semblait ressurgir d’un caractère profond, bien plus ancré que ce que ce vieux chapeau troué pouvait laisser paraître. Mon interlocuteur m’affirma alors que je demandais trop à un inconnu. Je fronçai les sourcils fins qui surplombaient mes yeux maquillés de noir. Alors, l’homme étala devant lui les arguments affutés qui seraient ses armes pour ce duel. Le risque était grand, il en convenait bien volontiers. Toutefois, il s’engageait à se faire discret et à ne pas trahir mon engagement dans cette petite entreprise. J’avais face à moi un individu qui souhaitait obtenir ses informations, mais pas à n’importe quel prix. J’avais face à moi quelqu’un qui savait très bien où le menait chacun de ses pas et qui avait su me montrer de quoi il était capable en venant me trouver. L’avance acheva de me convaincre. Je posai une main refroidie par la nuit tombée sur l’un de ses bras croisés, me penchant ainsi vers lui pour sceller notre accord d’un regard appuyé. Je sentis sous ma paume la chaleur se dégager de  ses vêtements rêches et usés par le sel et la sueur. Nous étions tous deux intelligents. Un esprit aussi fin que le sien devait être le signe d'un minimum d'éducation et j'aurais mis ma main au feu qu'il savait au moins lire et écrire. J’avais assez jaugé cet homme, le temps de ce petit jeu que nous avions tous les deux joués, et je sentais qu’il valait mieux être à ses côtés pour remporter ma part du magot.

« J’attendrai ton homme, l’ami. »


Des éclats de voix et des bruits sourds de bois frappé retentirent à l’extérieur de la pièce. Je retirai ma main de son bras, tout en me relevant, repoussant mon fauteuil dont les quatre pieds raclèrent le parquet rarement ciré. Je lui tendis du papier, une plume et un encrier.

« Inscris sur cette feuille le nom de celui que tu recherches. Au dos, tu pourras noter la manière dont je te retrouverai pour te faire parvenir les informations que tu désires. Tu donneras alors l’avance à l’enfant qui t’apportera la missive. Je ne sais ce qu’il se passe en bas, mais ma présence est requise. Quand tu auras terminé, descends prendre un verre, il te sera offert. »

Mon ton trahissait sans doute l’inquiétude qui faisait légèrement trembler ma voix. Les bagarres étaient monnaie courante dans mon établissement. Mais j’étais toujours prévenue par l’un de mes employés. Cette fois-ci, aucun n’était venu me déranger. Cela signifiait que la situation ne pouvait être gérée et dépassait toute attente. Je refermai la porte du bureau derrière moi et frottai mes mains glacées l’une contre l’autre pour les réchauffer tout en m’approchant de la balustrade supérieure. Jetant un regard plongeant vers la salle, j’y découvris une scène inattendue. Celui qui trinque avec la mort, Bartholomew Roberts, se trouvait ici-même, à la Mouette Cendrée. L’auteur du code de la piraterie, le pirate raffiné dont toutes les prises étaient un fervent succès. Sa renommée précédait sa gloire. Ou bien était-ce l’inverse ? S’il fallait faire affaire avec un pirate, c’était avec celui-là. Ses hommes, que je n’avais jamais vu à Port-Royal, avaient choisi de malmener un pauvre gaillard de grande taille et à la carrure intimidante. Sa peau couleur de bronze et ses cheveux ondulants rappelaient les chaleurs du sud des Amériques.

Les yeux rivés sur Black Bart, je ne sus de suite que faire, ne sachant s’il valait mieux quitter mon perchoir ou y rester. C’est à cet instant que mon nouveau partenaire commercial choisit de quitter mon bureau. Sans détourner mon regard de la stature de l’imposant Baronnet Noir, j’entendis la porte se refermer. Une affaire en amenait une autre. Ce serait une merveilleuse fortune que de receler les prises du plus grand des pirates !


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Quelques jours auparavant :

Bartholomew et l'équipage du Royal Fortune c'étaient arrêtés sur une petite île déserte en compagnie de deux autres navires pirates, les deux autres capitaines et Bart c'étaient réuni pour discuter et échanger quelques informations. C'était de bons capitaines, il en connaissait un depuis au moins trois ou quatre ans, quand il mouillait encore en Amérique du Sud et il avait rencontré l'autre l'année dernière. Deux pirates un peu idéaliste, rêvant surtout de liberté, mais le Baronnet Noir respectait cela.

La nuit était tombée et les trois équipages avait mis pied-à-terre pour s'amuser un peu, le capitaine n'était pas contre, ils avaient passé un sacré moment en mer et ils allaient encore devoir faire au moins quatre jours de voyage jusqu'à Port Royal. Au moins les cales étaient pleines à craquer.

La fête battait son plein pour le moment, plusieurs feux sur la plage et presque deux cents cinquante pirates qui buvaient, chantaient et s'amusaient, Bart avait tout de même rationné le rhum, pour qu'ils puissent prendre la mer le lendemain, mais il pouvait tout de même les laisser lâcher un peu de pression ce soir. Pour ça part il était comme toujours au thé et regardait d'un air amusé ses hommes et les autres s'amuser presque comme des enfants.

Mais bientôt quelque chose attira l'oeil de Black Bart, ce dernier se leva et sorti sa longue vue pour observer trois navires qui approchaient. Il n'arrivait pas à voir le pavillon, mais le plus gros des trois navires lui rappelait le Fossoyeur qu'il avait déjà vu une fois. Batholomew tendit alors son instrument à l'un des deux capitaines.


Qu'en pensez vous ?

L'homme posa son verre à contre cœur et se leva, prenant la longue vue pour observer à son tour, après quelques secondes il fit passer la longue vue au troisième larrons, pendant qu'il répondait à Bartholomew.


Tu le reconnais ?
Je crois que c'est le navire de Léopold Vignage : le Fossoyeur.
Fait'chier. V'là d'quoi gâcher la soirée. Répondit le troisième, rendant sa longue vue à Bart avant de ce rasseoir.
Tu crois qu'il est là pourquoi ?
C'est ce qu'on va voir mon ami.

La suite fut décevante en vérité, peut-être même un peu insultante, Vignage était là pour recruter visiblement, pour un soi-disant coup important, mais il ne cherchait pas d'associé, mais d'autres capitaines à mettre sous sa coupe. Il était rapidement parti quand Bart lui avait demandé quel genre de coup nécessitait de se mettre sous sa coupe. Vignage n'était pas idiot, il n'avait pas encore assez d'hommes pour mettre sous ses ordres Roberts, il repartit donc sans rien, mais laissant à Bartholomew un tas de questions.

Le lendemain était un autre jour et Bartholomew avait décidé de mettre le cap sur Port Royal en oubliant sa rencontre de la soirée, ou plutôt, la mettant de côté. Le voyage dura un peu plus de quatre jours, ils avaient été ralentit par une autre belle prise, deux navires marchant et leur brick d'escorte, à présent les cales étaient littéralement pleines, de quoi mettre de l'argent dans les caisses et du baume dans le cœur des pirates.


Aujourd'hui :

Il faisait déjà nuit quand le Royal Fortune entra à Port Royal, il n'était venu que cinq ou six fois dans cette ville, il allait devoir faire un tour des différents receleurs du coin et voir leur prix, heureusement il avait toujours un stock manuscrit à présenter, ainsi chacun noterait son prix sur le papier, voyant celui des autres également. Il descendit à terre, laissa une partie de ses hommes s'amuser, leur intimant de le retrouver ici demain à midi quand il aurait fini d'écouler les marchandises, qu'ils touchent leur paie, une autre partie devait rester sur le navire pour le moment, quant à lui il alla prendre la température chez différents receleurs, mais il en gardait pour la fin, conseillé par l'un des deux capitaines il y a quelques jours, le meilleur choix pour un pirate selon lui, le patron de la Mouette Cendrée. Il lui rendrait visite après les autres.

Il y avait déjà pas mal de monde dans l'établissement quand Bartholomew et vingt de ses hommes entrèrent. Et au vu de certaines surprises au sol ou sur des tables, certains avaient déjà atteint le point de non retour. Bart soupira un instant et décida tout de même d'entrer (tout en retirant son couvre chef), après tout pourquoi pas. D'un geste de la main il intimait à quelques-uns de ses hommes de leur trouver une ou plusieurs tables, quitte à foutre des poivrots sur le parquet pour en voir une. Pendant qu'ils trouvaient de quoi asseoir vingt hommes dans le coin de la taverne via de grandes tables rectangulaires, Bartholomew avec le reste de ses hommes avança jusqu'au comptoir, d'une démarche sereine et noble, il posa une main sur le bois et interpella la jeune femme de l'autre côté certainement une serveuse, une petite rousse mignonne.


Ahoy jeune demoiselle, pouvez-vous servir six bouteilles de votre meilleur rhum, de quoi sustenter vingt hommes et une tasse de thé.
Du thé ? Pour... boire ?
Bien entendu mon enfant.

Bart posa une petite bourse pour payer et se tourna légèrement vers la salle, repérant ses hommes dans un coin de la taverne qui s'étaient permis de déplacer deux tables pour en faire une plus longue, ainsi les vingt hommes pouvaient s'asseoir sans encombrer totalement la taverne. Le capitaine rejoignit donc ses hommes leur annonçant que ce qui leur serait servit serait payé et le reste serait de leur poche, après les remerciements le rhum arriva ainsi que le thé de Bart, qui d'ailleurs demanda immédiatement du sucre après la première gorgée.

A table ça parlait beaucoup et rapidement l'un des hommes parla d'un soi-disant galion espagnol dans le coin, pour le moment Bart ne fit aucun rapprochement, mais un galion... c'était une belle prise, à réfléchir. Mais très vite l'attention de Bart se focalisa sur une autre table, un petit pirate nerveux et aux yeux teinté de colère hurlait sur un autre homme, le traitant d'espion Espagnol, normalement Bart ne se serait pas intéressé par cela, mais l'homme en question, un grand gaillard à la peau bronzée et aux cheveux de jais répondit, avec un fort accent hispanique. Retirant son bandeau pour laisser ses cheveux libres, Bart se leva pour rejoindre la scène, immédiatement suivit par quatre de ses hommes. Le capitaine s'adossa à un poteau de bois dans la pièce, touillant tranquillement son thé alors qu'un de ses hommes plus d'autres clients commençaient à malmener le pauvre hispanique, Bart lui réfléchissait. Un galion espagnol si près de Port Royal, là où une semaine plus tôt mouillait le Fossoyeur, qui récemment recrutait d'autres capitaines sous sa coupe pour un ''coup''. Tout ceci était-il lié ? Pour le moment Black Bart restait stoïque, il voulait voir si quelqu'un venait en aide à ce grand gaillard, sinon il était près à user de son pistolet et de ses mots pour calmer les ardeurs. De toute façon pour le moment le dîner n'était pas encore servi, il avait le temps.


HJ:
 
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